Présentation des joueurs, épisode 11 : Johan Bouquet

Publié le Mis à jour le

Le tableau était déjà incroyablement relevé, mais le White Open a pris une autre dimension aujourd’hui avec l’inscription du n°7 français Johan Bouquet, 3ème l’an dernier. Entretien avec ce personnage haut en couleurs.

JOHAN BOUQUET

Ayant déjà lu quelques interviews de Johan Bouquet, je savais que je n’allais pas m’ennuyer en partant à sa rencontre : l’intéressé possède un art certain du contre-pied et de l’autodérision. Je n’ai pas été déçu, même s’il conclut l’entretien par un « j’ai été plus sincère et chiant que déconneur cette fois-ci, c’est mon côté pile ou face ! » Le contre-pied on vous disait …

index.13Crédit photo : sitesquash.com

Johan, ça fait un peu plus d’an que tu as quitté le circuit professionnel, sans regret ? Est-ce que tu as arrêté en partie parce que tu avais rempli l’objectif d’atteindre le top 100, ou pas du tout ? Et comment occupes-tu ton temps maintenant ?

Tu es bien renseigné, ça fait un peu plus d’un an que j’ai cessé de jouer sur le circuit PSA. Pour répondre à ta question, je l’ai fait à contrecœur. Certes avoir atteint le top 100 est honorable (ou pas…), mais mon rêve aurait été d’aller beaucoup plus haut. Malheureusement, une carrière de sportif de haut niveau, et de joueur de squash en particulier, dépend de nombreux paramètres, sans lesquels il est difficile voire impossible de dépasser un certain niveau. Concrètement, c’est la combinaison de plusieurs éléments qui m’a fait prendre cette décision : l’aspect financier, le manque ou l’absence de considération de la part de la Fédération à mon égard, et la solitude.

Depuis, je donne des cours à plein temps, ce qui m’a permis de trouver une plus grande stabilité dans ma vie. J’envisage néanmoins d’autres options. Mais au fond de moi, jouer reste ma passion, et j’essaie d’entretenir cette passion.

Tu as donc quitté le circuit pro, mais ça ne t’a pas empêché d’avoir d’excellents résultats ces derniers mois : victoires sur Grégoire Marche (n°3 français) en rencontres par équipes en novembre, sur l’anglais Robert Downer (qui a eu d’excellents résultats depuis) au PSA du Jeu de Paume début avril etc. Donc je suppose que tu dois t’entraîner encore sérieusement ?

Effectivement, je ne veux pas abandonner mon rêve, celui d’être un joueur de squash professionnel. Et ce n’est parce que j’ai dû arrêter – momentanément ou définitivement – de jouer au niveau international que je ne vais pas continuer à me battre et à me comporter en athlète. C’est une mentalité qui me sert dans ma vie (en toute humilité) : tenter d’être son propre héros, et continuer à s’entraîner comme un guerrier, pour progresser encore et toujours, même si c’est vraiment difficile de faire ça tout en donnant des cours. Une chose est sûre, il faut toujours être reconnaissant de ce qui vous arrive et ne fermer aucune porte.

Lorsqu’on lit tes interviews, on constate tout de suite que tu aimes bien l’autodérision et la « déconne. » Est-ce que tu es comme ça dans ta vie de tous les jours ? Je vais m’aventurer à une hypothèse, peut-être que tu n’as jamais intégré un pôle parce que tu ne rentrais pas dans les bonne cases et que tu étais un peu en décalage ?

Bonne question (il sourit) … La vie est tellement pleine de surprises, on ne peut pas tout contrôler, donc pour y faire face la dérision et l’humour sont indispensables ! Notamment pour établir et entretenir des relations fortes avec les gens, ce qui est la chose la plus importante pour moi.

La raison pour laquelle je n’ai jamais fait partie d’un pôle ? Ça remonte à loin, à 16 ans j’étais dans les 3-4 meilleurs jeunes de ma catégorie mais je n’avais plus d’entraîneur, j’ai donc demandé à intégrer le pôle France à Aix, ce qui m’a été refusé … Depuis, à cause d’un mélange paradoxal d’orgueil et de manque de confiance, j’ai continué tout seul, avec plus ou moins de réussite. Je le regrette en partie, mais malheureusement il est trop tard pour revenir en arrière. Il y a un proverbe en lequel je crois (du moins j’essaie …), qui dit que pour tout ce qu’on a gagné on est passé à côté d’autres choses, et inversement …

Bio – Johan Bouquet, 30 ans, n°7 français (meilleur classement mondial 100 en 2014)

index.156Crédit photo : sitesquash.com

Joue pour le Jeu de Paume (Nationale 1 en championnat national, 1ère division du critérium en Île-de-France)

Champion de France U19 2003

9 participations au championnat de France 1ère série : meilleur résultat 6ème en 2014

5 quarts de finale sur le circuit PSA

Meilleur résultat au White Open : 3ème en 2014

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